Peter HobiPeter Hobi et Markus Schmid, membres du conseil de fondation, ont effectué en octobre une visite de contrôle. Voici un extrait du compte-rendu de Peter Hobi : un aperçu de ce voyage en Équateur qui a été mouvementé et éprouvant, mais surtout très enrichissant.

Récit : Peter Hobi Photos: Beatrice Siegrist

Mercredi 18 octobre

Marché à Salasaca

MarktCap sur Salasaca, où vit depuis plus de 600 ans la communauté du même nom. Au XVe siècle, ce peuple a été chassé des hauts plateaux de Bolivie par les Incas. Il se distingue par son habillement typique : blouse et pantalon de coton blanc, surmontés d’un poncho noir qui descend jusqu’aux genoux. À notre arrivée s’ouvrent justement les premiers stands du marché, où sont proposés des travaux confectionnés en laine de lama, d’alpaga ou de brebis, des tapis tissés et d’innombrables souvenirs. Il est amusant de constater que les articles sont les mêmes d’un étal à l’autre.

Bei unserer Ankunft öffnen gerade die ersten Marktstände, wo Arbeiten aus Lama-, Alpaka- oder Schafwolle, gewobene Teppiche und unzählige Souvenirs angeboten werden. Lustig ist, dass in allen Ständen die gleichen Produkte verkauft werden.

Des brosses à dents pour la crèche

KindertagesstaetteNous poursuivons notre route vers Nitón, un village perché à 3000 m d’altitude, afin de visiter une crèche. Cet établissement participe à notre programme de santé avec une dizaine d’autres garderies, comprenant toutes entre 30 et 40 enfants. Ces structures sont soutenues partiellement par l’État, dans la mesure où celui-ci se charge des frais de personnel. Mais il reste beaucoup d’autres choses à financer : la nourriture, les infrastructures, la formation des parents et des collaborateurs, le matériel, etc. Nous avons décidé d’endosser ces frais pour deux ans et nous espérons trouver d’ici là une solution de continuité. Une trentaine de bambins et de très jeunes enfants sont en train de prendre leur en-cas du matin. Même les tout petits mangent seuls, avec un bel appétit, les fraises et pastèques qui garnissent leurs assiettes. Nous sommes venus avec des présents que nous distribuons : des brosses à dents offertes par l’entreprise suisse Trisa. Chaque enfant en reçoit une et nous voyons leurs yeux s’arrondir. Elles sont emballées dans du plastique, aussi entend-on bientôt de tout côté crépiter le bruit des paquets froissés et des brosses tapotant sur les tables. On dirait bien que les enfants prennent plaisir à ce jeu. Ils reçoivent quatre repas au cours de la journée. Leurs parents les amènent tôt le matin et viennent les rechercher à partir de 16h. La priorité est donnée aux enfants des familles les plus pauvres

Légumes et cours de cuisine

GemuesegartenUne partie des légumes cultivés dans le jardin de l’école (brocolis, salade, choux, betteraves) sont destinés aux repas pris sur place. Les parents peuvent emporter une partie de la récolte pour la maison, car ils accomplissent aussi une part de travail bénévole (Minga) dans le jardin de l’école. Ils ont de plus le droit de prendre une partie des plants pour leur propre jardin. Étant donné que certaines variétés de légumes ne sont pas familières à la population locale, des cours de cuisine sont également proposés.

Politique et thérapie

Notre prochaine étape est Mocha, où nous visitons le centre pour adultes et enfants handicapés. Le centre a été ouvert il y a trois ans, mais il a failli fermer en 2015, quand un nouveau maire (Alcalde) a été élu. Pour des raisons politiques, le nouvel élu voulait bâtir son propre centre. Les événements ont pris une tournure telle que ce personnage a même fait transporter du matériel financé par notre organisation afin d’équiper son propre centre. Notre aide temporaire permet tout juste à l’établissement de subsister. Zentrum BehinderteDurant la journée, il accueille principalement des personnes pauvres et dénuées de ressources souffrant de handicap. Ces personnes peuvent bénéficier de thérapies, participer à des activités de jeux et de chant et profiter des repas. Nous avons constaté que les locaux, tous ornés de couleurs claires, sont très bien tenus et d’une propreté exemplaire. Le personnel d’encadrement montre beaucoup d’engagement et d’ardeur à la tâche. Il est intéressant de noter que la jeune physiothérapeute travaille avec les méthodes les plus récentes (Taping, médecine chinoise, Needling, etc.). Du fait de son expérience de médecin, Markus prend plaisir à échanger avec les praticiens. Il s’avère que le besoin d’aide est urgent. Mais il est plus urgent encore d’empêcher le maire corrompu d’obtenir un nouveau mandat. Or à en croire les collaborateurs du centre, cela se décidera seulement début 2019. Mais il semblerait que la plupart des habitants de Mocha souhaitent déjà envoyer cet homme au diable. Nous partageons un repas avec nos interlocuteurs du centre avant de rejoindre Ambato et le bureau de Fundyvida. La fatigue a dû avoir raison de moi sur le chemin du retour et j’ai sans doute dormi une partie du trajet. En tout cas, je suis bien surpris d’être si vite rendu en ville. Il est vrai qu’il est assez épuisant d’être en route toute la journée et de discuter en espagnol sur tous ces sujets importants.

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